L'objectif du jeu
La chkobba se joue à deux joueurs, ou à quatre en équipes de deux, les partenaires assis face à face. Le but est de marquer des points en ramassant les cartes posées au centre de la table — ce qu'on appelle le tapis.
À la fin de chaque manche, les points récompensent quatre choses : avoir ramassé le plus de cartes, le plus de carreaux, le plus de sept, et le sept de carreau. S'y ajoute un point pour chaque chkobba réalisée en cours de jeu. On joue jusqu'au score convenu, en général 21 points.
Le matériel
Un jeu de 40 cartes : on retire les 8, les 9 et les 10 d'un jeu classique de 52. Il reste l'as, les cartes de 2 à 7, et les trois figures. Un jeu italien traditionnel convient tout aussi bien.
La valeur des cartes
C'est le point qui surprend tous les débutants : à la chkobba, le valet et la dame échangent leurs rôles habituels.
La dame vaut 8 et le valet vaut 9 — l'inverse d'un jeu de cartes ordinaire. Le roi vaut 10, l'as vaut 1, et les cartes de 2 à 7 valent leur chiffre. Oublier cette inversion est l'erreur la plus courante des nouveaux joueurs.
La distribution
- Le donneur mélange soigneusement le paquet.
- Le joueur à sa droite coupe et tire une carte. Il a le choix : la garder dans sa main, ou la poser face visible au centre. Ce petit rituel est propre à la chkobba tunisienne.
- Le donneur complète : 3 cartes à chaque joueur et 4 cartes face visible au centre. Si la carte tirée a été gardée en main, ce joueur reçoit deux cartes de plus et quatre vont au tapis ; si elle a été posée, trois cartes supplémentaires complètent le tapis.
- Si le tapis se retrouve avec trois ou quatre cartes de même rang, on rebat et on redistribue.
Quand les joueurs ont épuisé leurs trois cartes, on en distribue trois nouvelles à chacun — sans jamais rajouter de cartes au centre. Et ainsi de suite jusqu'à épuisement du paquet.
Ramasser des cartes
Le jeu tourne dans le sens inverse des aiguilles d'une montre. À son tour, chaque joueur pose une seule carte de sa main. Deux façons de ramasser :
La prise par égalité
Votre carte a la même valeur qu'une carte du tapis : vous prenez les deux.
Le tapis contient un 3, un 6 et un roi. Vous avez un 6 en main.
La prise par addition
Votre carte égale la somme de plusieurs cartes du tapis : vous les ramassez toutes.
Le tapis contient un 4, un 3 et une dame. Vous avez un 7 en main.
Une prise par addition peut réunir deux, trois cartes ou davantage, du moment que le total tombe juste.
Si votre carte peut prendre à la fois une carte seule et un groupe, la prise de la carte seule est obligatoire. Vous jouez un 7 alors que le tapis contient un 7 ainsi qu'un 4 et un 3 ? Vous devez prendre le 7. Beaucoup de tables se disputent sur ce point : la règle officielle ne laisse pas le choix.
Si aucune prise n'est possible, la carte jouée reste au centre et vient grossir le tapis. C'est aussi une décision tactique : ce que vous laissez, l'adversaire peut le prendre.
La chkobba
Ramasser toutes les cartes du tapis en un seul coup, en le laissant complètement vide : voilà une chkobba. Elle vaut un point supplémentaire, et la carte jouée est posée face visible dans votre pile pour s'en souvenir au moment de compter.
Il ne reste que trois cartes sur le tapis : un 5, un 3 et un as. Vous avez un 9 en main.
Le mot vient de l'italien scopa, « le balai » : on balaie la table d'un seul geste. C'est le moment que tout le monde attend autour de la table — et celui qu'on annonce à voix haute.
La dernière levée
Quand toutes les cartes ont été jouées, les cartes restées au centre reviennent au dernier joueur — ou à la dernière équipe — ayant effectué une prise.
Ce ramassage final ne compte pas comme une chkobba. Et le donneur ne peut jamais marquer de chkobba avec la toute dernière carte de la partie — sans quoi il partirait avec un avantage que personne ne peut contrer.
Le comptage des points
La manche terminée, chaque camp étale ses cartes ramassées et compte :
| Point | Valeur | Comment on l'obtient |
|---|---|---|
| Karta | 1 | Le plus grand nombre de cartes. Aucun point si égalité à 20 partout. |
| Dineri | 1 | Le plus grand nombre de carreaux. Aucun point si égalité à 5 partout. |
| Bermila | 1 | Le plus grand nombre de sept. En cas d'égalité, c'est le plus de six qui départage. |
| 7ayya | 1 | Avoir ramassé le sept de carreau. |
| Chkobba | +1 | Un point pour chaque chkobba réalisée dans la manche. |
Le sept de carreau — la 7ayya — compte trois fois : il rapporte son propre point, il pèse dans le décompte des carreaux, et il pèse dans celui des sept. Une manche se joue souvent sur cette seule carte.
Gagner la partie
Le premier joueur ou la première équipe à atteindre le score convenu l'emporte. On joue habituellement en 21 points ; on peut convenir de 11 pour une partie rapide, ou de 31 pour une partie longue.
En cas d'égalité à 21, on joue une manche supplémentaire pour départager.
Cinq réflexes de bon joueur
- Comptez les sept. Il n'y en a que quatre dans tout le paquet. Savoir lesquels sont déjà tombés change toutes vos décisions de fin de manche.
- Ne laissez jamais traîner la 7ayya. Le sept de carreau vaut un point à lui seul et pèse dans deux autres décomptes : s'il apparaît au tapis, prenez-le.
- Réfléchissez à ce que vous laissez. Poser une carte sans prise, c'est tendre une occasion à l'adversaire. Préférez laisser une valeur difficile à compléter.
- Empêchez la chkobba adverse. Quand le tapis se vide, tout se joue là : ajouter une carte au bon moment peut rendre la chkobba impossible au tour suivant.
- À valeur égale, prenez le carreau. Le point dineri se gagne souvent à une ou deux cartes près.
Le vocabulaire de la chkobba
Ramasser tout le tapis d'un coup. De l'italien scopa, « le balai ».
Le point du plus grand nombre de cartes ramassées.
Les carreaux, et le point attribué à qui en a le plus.
Le point du plus grand nombre de sept, départagé par les six.
Le sept de carreau, littéralement « le serpent ». La carte la plus convoitée.
Questions fréquentes
- Combien de cartes pour jouer à la chkobba ?
- Quarante. On retire les 8, les 9 et les 10 d'un jeu classique de 52 cartes.
- Que vaut le valet ?
- Le valet vaut 9 et la dame vaut 8 : leurs rôles sont inversés par rapport à un jeu ordinaire. Le roi vaut 10 et l'as vaut 1.
- Qu'est-ce qu'une chkobba exactement ?
- Ramasser toutes les cartes du tapis en un seul coup, en le laissant vide. Chaque chkobba vaut un point supplémentaire.
- Peut-on faire une chkobba avec la dernière carte ?
- Non. Le donneur ne peut jamais marquer de chkobba avec la toute dernière carte de la partie. Les cartes restantes vont au dernier joueur ayant pris, mais sans compter comme chkobba.
- Jusqu'à combien de points joue-t-on ?
- Le plus souvent 21. On peut aussi convenir de 11 ou de 31. En cas d'égalité à 21, une manche supplémentaire départage.
- Quelle différence avec le scopa italien ?
- La chkobba en descend directement, mais elle a ses particularités tunisiennes : le rituel de la coupe, l'inversion du valet et de la dame, la bermila départagée par les six, et son vocabulaire propre.
- Peut-on jouer à la chkobba en ligne ?
- Oui — sur Chkobbeta, gratuitement et sans téléchargement, contre des joueurs réels ou contre l'ordinateur.
Les règles s'apprennent en jouant
Une table vous attend. Gratuit, sans téléchargement, sans inscription obligatoire.
Jouer à la chkobba